Après Beltran, un 2e Espagnol contrôlé positif sur le Tour. Moises Duenas (Barloworld) a été pincé lors de la 4e étape. Médicaments interdits dans sa chambre.
Moises Duenas a été contrôlé positif à l'EPO à l'issue de la 4e étape, le contre-la-montre de Cholet dont il avait pris la 82e place. L'Espagnol pointait au 19e rang du classement général, à 6'43" du porteur du maillot jaune Cadel Evans. Son équipe, qui poursuit la course, l'a retiré du Tour et l'a suspendu aussitôt. Tout comme Liquigas l'avait fait vendredi dernier à l'encontre de Manuel Beltran, un autre coureur espagnol déclaré positif à l'EPO lui aussi après la première étape.
Né voici 27 ans à Bejar, la ville du triple vainqueur de la Vuelta Roberto Heras - lui-même suspendu pour dopage -, Moises Duenas était passé professionnel en 2004. Après deux saisons dans l'équipe Relax puis chez Agritubel, il a rejoint Barloworld au début de la saison 2008. Vainqueur du Tour de l'Avenir en 2006 et du Regio-Tour en 2007, il participait à son troisième Tour de France (61e en 2006, 39e en 2007).
Pas parmi les coureurs ciblés
Le résultat a été notifié au coureur par l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), dont le président a précisé que Duenas faisait partie des coureurs ciblés. «On le suivait, on s'intéressait à son cas», a indiqué Pierre Bordry. Selon une source proche du dossier pourtant, Duenas ne faisait pas partie des coureurs avertis par l'AFLD la semaine dernière des «inquiétudes suscitées par leurs paramètres sanguins».
Des produits interdits ont été trouvés
Duenas a été conduit à la gendarmerie de Tarbes mercredi vers 10h00. Mercredi dans la matinée, plus d'une trentaine de gendarmes se sont rendus à l'hôtel qui abritait l'équipe Barloword jusqu'au départ de l'étape. Des produits interdits ont été saisis dans la chambre de Moises Duenas lors de la perquisition menée par des gendarmes de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP), a annoncé mercredi après-midi l'équipe du coureur, Barloworld.
Sa garde à vue à la gendarmerie de Tarbes a été prolongée jusqu'à jeudi matin. Il devrait ensuite être présenté à un juge d'instruction.
"J'ai demandé à la police d'enquêter à fond"
«Des produits interdits qui n'étaient absolument pas fournis ou prescrits par le médecin d'équipe ont été trouvés dans la chambre de Moises Duenas», dont le contrôle antidopage positif à l'EPO a été révélé mercredi matin, peut-on lire sur le site internet de l'équipe. «J'ai demandé à la police française d'enquêter à fond sur ce cas afin de bien comprendre la gravité de ce que Moises Duenas a fait», a indiqué Claudio Corti, manager de Barloworld. «Il semble qu'il ait utilisé des produits interdits à l'insu de qui que ce soit dans l'équipe».
«Toute l'équipe est choquée», a déclaré le directeur sportif Alberto Volpi. «Les autres n'ont rien à voir avec lui (Duenas)». «Duenas m'a un peu surpris dans la première arrivée en montagne», a-t-il précisé.
« Il y a eu du laxisme en Espagne »
Pat McQuaid, président de l'Union cycliste internationale (UCI), a estimé qu'il y avait eu du «laxisme» en Espagne. «Puerto a eu lieu en Espagne et il y avait nombre de coureurs espagnols qui en faisaient partie», a déclaré le président de l'UCI, après avoir appris que le cas de Moises Duenas s'ajoutait à celui de son compatriote Manuel Beltran, premier contrôlé positif du Tour 2008.
«Pour moi, ça suggère qu'il y a eu un certain laxisme. Je suis curieux de savoir si un athlète a été appelé devant un juge pour une histoire de dopage», a ajouté Pat McQuaid.
Le président de l'UCI, qui a été en conflit par le passé avec la fédération espagnole, a incité l'Espagne à «faire un grand effort, à tous les échelons»: «Même au niveau des juniors, j'ai entendu parler de cas positifs. Le problème va au-delà des coureurs. Des gens tournent autour d'eux et sont nocifs pour le sport.»
«J'ai parlé plusieurs fois avec le président de la fédération espagnole, j'ai essayé de lui montrer la gravité de la situation», a poursuivi Pat McQuaid qui s'est exprimé aussi sur le Tour de France. «Je suis extrêmement confiant dans le fait que la plupart des coureurs au Tour de France sont propres. Je pense que ces cas positifs sont une bonne chose. Cela montre qu'on peut attraper les tricheurs. On doit attendre les résultats de la contre-analyse mais dans la quasi-totalité des cas, ça ne trompe pas», a estimé Pat McQuaid.
«Je suis étonné qu'il y ait encore des coureurs qui pensent pouvoir contourner le système et continuent à prendre des risques avec leur santé», a conclu le président de l'UCI.
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