LAUSANNE entreprit plusieurs travaux entre 1803 et 1814 pour asseoir son statut de chef-lieu cantonal (bâtiment
du Grand Conseil, hôpital cantonal, asile d'aliénés, maison de force, place de la Riponne terminée en 1830). Devant l'accroissement du trafic, l'ingénieur Adrien Pichard conçut, de manière
inédite en Suisse, une ceinture routière à faible pente (1836-1864), articulée autour du Grand-Pont (1836-1844) et du tunnel de la Barre (1851-1855). La Louve fut voûtée (1812-1868), comme la
vallée du Flon qui offrit un nouvel axe de pénétration. Dès 1874, la plate-forme du Flon devint zone d'entrepôts et de décharge. La rue de Genève s'ouvrit vers l'ouest au début du XXe s. et la
ville se développa vers les quartiers de Sébeillon, Provence et de la vallée de la Jeunesse. Le pont Chauderon (1905) et le pont Bessières (1910) achevèrent de modifier complètement la
topographie lausannoise.
Entre 1860 et 1914, la ville médiévale s'effaça (l'ultime porte, Saint-Maire, fut
détruite en 1890) au profit de nouvelles rues (notamment rues de la Paix et du Lion-d'Or) et de bâtiments publics, dont plusieurs furent construits sur des terrains situés auparavant extra muros:
théâtre de Georgette (1871), hôpital cantonal au Bugnon (1883), palais de justice de Montbenon pour le Tribunal fédéral (1886), palais de Rumine (1898-1906), école normale (1898-1900), gare CFF
(1911-1916). La place Saint-François fut totalement réaménagée après la destruction du cloître médiéval et de plusieurs hôtels particuliers, elle fut bordée par la poste (1900), des banques et
des grands magasins (Bonnard en 1897). Plusieurs hôtels de luxe furent construits au centre ville et à Ouchy et les quais furent aménagés (1901). La croissance se fit toutefois sans plan
d'ensemble et dut contourner les grandes propriétés, Montriond, Belvédère, Bergières, Hermitage, Mon-Repos, Bellevue. Sous-gare, le peuplement se fit par bonds aux dépens des
vignes.
En 1907, un premier plan directeur d'extension offrit de nouvelles perspectives,
tandis que la pénurie de logements dans un contexte hygiéniste mobilisait les autorités, focalisées sur le besoin d'eau, de lumière et d'énergie (enquête Schnetzler 1894-1896). Les Lausannois
reçurent l'eau sous pression, venue des hauts de Montreux et du lac de Bret (1876), de l'Etivaz (1901) et d'une station de pompage à Lutry (années 1930). Le gaz fut municipalisé en 1896,
l'électricité en 1898. Elle fut fournie dès 1901 par l'usine transformatrice de Pierre de Plan, alimentée par l'usine du Bois Noir à Saint-Maurice, qui remplaça une installation en ville de 1882.
Dans les années 1930, Bellerive-plage (1937) fut le chantier phare de la municipalité "rouge". Les hôpitaux Sandoz et Nestlé (1932 et 1935) complétèrent l'équipement médicaLausanne La pollution
fut éloignée des rives, mais la station d'épuration ne fut inaugurée qu'en 1964. Alors que s'édifiait la Tour Bel-Air (1931-1932), la municipalité adapta l'urbanisme à la voiture. Un nouveau
règlement du plan d'extension introduisant le plan de quartier fut promulgué en 1942.
Préoccupation constante, la construction de logements sociaux passa par diverses coopératives d'habitation. Aux
sociétés philanthropiques des années 1860-1900 succédèrent, entre 1920 et 1935, des coopératives soutenues par les fonds publics. Les taudis furent détruits et la voirie remaniée. De 1898 à 1945,
678 logements subventionnés furent édifiés, 2244 de 1945 à 1949, près de 5000 de 1980 à 2000. La croissance des années 1960-1975 se concrétisa par la création des nouveaux ports d'Ouchy et de
Vidy (1970-1976), du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV, 1971-1982) et par l'aménagement du quartier populaire de la Bourdonnette (1966-1970).
Le besoin de maîtriser le développement se traduisit par la création de la Commission intercommunale
d'urbanisme de la Région lausannoise (1967), remplacée par la Communauté de la Région lausannoise (ensuite Lausanne Région) qui oeuvre pour le développement durable d'une agglomération encore peu
consciente d'elle-même.
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