Une sonde mystérieuse atterrit dans un petit village américain à
mille lieues de nulle part, et tue à une vitesse affolante tous ses habitants, sauf un. Un comité de scientifiques spécialement dépêché pour l'occasion se lance dans l'étude de ce qui ressemble
très fort à une sorte de virus d'origine spatiale. Tout les cadavres souffrent du même symptôme : leur sang a instantanément coagulé au contact de l'organisme.
Afin de pouvoir maîtriser une éventuelle propagation du virus hautement nocif sur le globe, notre groupe de chercheur se lance dans une étude sur le site même de l'impact de la sonde. Le temps
est contre eux : si jamais aucun résultat positif n'est donné au bout de trois jours, le village placé en quarantaine sera détruit par un missile nucléaire, par accord spécial de Mr The
President.
Ainsi commencent 72 heures de sueur, de souffrance, de recherche et de tasses de café froid pour le Dr. Jeremy
Stone et ses amis qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour sauver le monde d'un virus mortel d'un coté et d'une (petite) bombe atomique de l'autre.
Andromeda Strain est un roman qui joue sur les nerfs du lecteur. Pas ou peu d'action à proprement parler ici, l'on s'attache avant tout à
observer l'évolution des recherches sur ce mystérieux Blob venu de l'espace. Le grand méchant de cette histoire est invisible à l'oeil nu et peut se propager dans un laboratoire en moins de dix
minutes pour peu qu'un scientifique distrait oublie de fermer la porte en sortant prendre son déjeuner. Nul doute que de nombreuses situations périlleuses attendent nos héros au détour de leurs
trois jours sans sommeil, alors que l'organisme semble évoluer à une vitesse phénoménale.
D'un point de vue technologique, Andromeda Strain a certainement bien vieilli. Mais là n'est pas le sujet du roman. Outre cette pression
croissante maîtrisée avec dextérité, Crichton nous livre ici son oeuvre la plus technique, mais aussi la plus captivante. Certains passages donnent mal à la tête tant les concepts exposés sont
abstraits et pourtant superbement bien expliqués. En quoi une pierre est-elle moins vivante qu'un castor ? Si vous pensez avoir la réponse, lisez ce livre avant de répondre de manière
catégorique.
Il est sûr qu'Andromeda Strain ne surpassera pas le succès
d'autres romans de Micheal Crichon, ne serait-ce que parce son intrigue n'a rien de bien intéressante en elle-même et que le roman n'est pas vraiment lisible de bout en bout comme tout produit
commercial se doit de l'être. Pourtant, ceux qui déplorent le n'importe quoi des deux derniers Crichton devraient être fortement intéressés par celui-ci.
La légende ne dit pas si c'est après avoir lu ce livre que John Carpenter se lança dans la réalisation de
The Thing...
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Il s’agit certes d’un roman vif et enlevé, parfois brillant, souvent enjoué ; toutefois les défauts de ce qui n’est qu’une première tentative littéraire
sont trop prégnants pour justifier les éloges dithyrambiques dont bénéficient aujourd’hui le roman et son auteur. Le projet de La Conjuration des imbéciles pris dans son ensemble est en
effet décevant, car l’auteur ne réussit pas à tenir entièrement son pari d’écriture. Construit autour du personnage repoussant et méprisable, mais surtout complètement fou, d’Ignatius J. Reilly,
le récit tente de relever le défi d’une écriture humoristique. Le lecteur oscille ainsi entre le rire et la pitié, le dégoût et l’incrédulité. Toutefois, si le procédé fonctionne pendant les 150
premières pages, il s’épuise très largement ensuite, sans que rien ne vienne prendre le relais. Il manque donc à la trame du roman un ressort dramatique fort. Il ne s’agit certes pas de prôner
ici l’idée qu’il faille absolument qu’il se passe quelque chose dans un roman pour qu’il soit réussi. Mais, dans La Conjuration des imbéciles, le pari d’un personnage repoussant couplé à
un jeu sur l’humour noir et la dénonciation cynique de la société libérale est insuffisant, sur la durée, pour faire le grand roman qu’on prétend. Surtout J. Kennedy Toole a la maladresse
d’insérer des passages écrits par Ignatius lui-même. La réussite (jusqu’à un certain point) du roman était justement de dépeindre ce héros si particulier au travers d’une narration à la troisième
personne par un juste équilibre entre regard distancié et familiarité de la part du narrateur. Lui donner voix au chapitre alourdit considérablement la narration et décourage un lecteur confronté
à des pages et des pages de vaines considérations qui ont tout perdu de leur cynisme et de leur drôlerie. John Kennedy Toole a en outre choisi le principe de l’imbroglio narratif pour mener à
bien son histoire. Peut-être a-t-il senti la difficulté qu’il y avait à assumer sur la durée son personnage et la narration qu’il avait construit tout autour. Et le procédé amène effectivement
une certaine légèreté à la lecture, une pause devant la pesanteur du personnage principal. C’était peut-être dans l’imbroglio que se trouvait la réponse aux critiques énoncées ci-dessus. Mais au
final, l’auteur ne réussit pas à dépasser réellement l’artifice narratif. On en vient dès lors à se demander si ce n’est pas l’imbroglio qui rallonge plus que de mesure le roman. La construction
aboutie d’Ignatius et des situations cocasses qu’il génère amène les autres personnages à apparaître comme vidés de leur sens en son absence (ainsi les rares et inutiles passages construits
autour d’un ancien professeur d’Ignatius), alors que ces figures secondaires sont pour la plupart extrêmement réussies dès lors qu’elles entrent en collision avec la réalité délirante d’Ignatius
J. Reilly. Au total, l’écriture décalée, le personnage étrange et déroutant d’Ignatius, les dénonciations furibondes de la médiocrité américaine, tout conduit à un roman agréable, drôle, incisif.
Mais, La Conjuration des imbéciles manque d’envergure et de densité. Cela pose le problème délicat d’une écriture humoristique et de ses prétentions à un haut degré de
littérature.




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