Jeudi 17 juillet 2008

En france Guy Ritchie est plus connu comme étant le mari de Madonna que comme metteur en scène de talent. Il faut avouer que ce n'est pas non plus la récompense qu'a reçu sa chère et tendre aux Razzie Awards (plus mauvaise actrice 2003 pour sa performance dans Swept away) qui milite pour lui... Pourtant détrompez-vous, Arnaque, crimes & botanique est un petit bijou déjanté, relativement inconnu de ce côté de la Manche, en provenance directe de Grande-Bretagne. Un thriller à la sauce humour noir, au même titre que le Christmas pudding, est un produit à la fois purement anglo-saxon mais en même temps (n'ayons pas peur des mots) à vocation universelle (de dégout dans le cas du pudding mais c'est une autre histoire).

Quatres copains font du "business" et vivotent à coups d'arnaques de bas étages dans les banlieues de Londres. Avec leurs petites combines ils économisent suffisament d'argent pour le prêter à l'un des leurs, Eddy, un as des cartes, en espérant un retour sur investissement rapide. Malheureusement au cours d'une partie truquée, en plus de perdre tout leur argent, Eddy et ses potes se retrouvent à la tête de 500 000 livres de dettes. Une dette à régler à un roi de la pègre, dont les modalités de recouvrement de créance sont disons... spéciales. Qui plus est il leur faut trouver la somme avant la fin de la semaine.

Les références s'imposent immédiatement : coincé entre Tarantino, pour la tchatche et le verbe haut en couleur, Petits meurtres entre amis et Trainspotting, pour le côté "so british", Arnaque, crimes & botanique a, à première vue, du mal à se forger une identité. Pourtant, dès l'introduction, c'est à un véritable tourbillon auquel on assiste. A la fois en termes de scénario, on a du mal à saisir quelle direction va prendre le film, mais aussi en termes de prises de vues, virevoltantes et surprenantes (à noter l'excellent plan qui part de l'intérieur d'une soupe pour présenter un cuistot). Finalement on voit graduellement les différents morceaux de l'action se mettrent en place et on n'est pas surpris par la tournure générale que prennent les événements. Et c'est justement là que se trouve la particularité de ce film : tant qu'on en reste aux généralités, au ton global du film, à l'ambiance, il est vrai que ce film n'apporte pas grand chose de neuf sous le soleil. Ce sont dans les détails, les répliques, les plans, les mini-gags (la manière dont un personnage se débrouille avec un fusil de chasse de deux mètres de long pour faire un casse par exemple), les accents (désolé de jouer au puriste pour certains mais la VO devrait être obligatoire) que se trouvent les points d'intérêts de cette production.

Même si l'humour reste toujours au premier plan le côté polar sanglant resurgit de ci de là. Ainsi certaines scènes sont de purs moment de sadismes et font de film un objet à ne pas mettre entre toutes les mains (en tous cas pas les plus petites). Les personnages de truands sont bien campés et certains, Vinnie Jones par exemple, font vraiment froid dans le dos avec leur détachement le plus total alors qu'ils torturent à tour de bras. C'est peut être pour cette raison que Arnaque, crimes & botanique a eu du mal à trouver son public en dehors de l'angleterre : il n'est ni inoffensif comme le serait une version du troisième millénaire des Tontons flingueurs, ni sérieux comme un polar traditionnel. Encore une fois c'est la comparaison avec Tarantino qui s'impose. Pourtant il y a quelque chose de fondamentalement différent, peut être est-ce par cette manière si britanique de ne pas montrer ses émotions et de rester flegmatique en toute situation. Imaginez un Pulp Fiction sans la démesure et l'emphase et vous trouverez Arnaque, crimes & botanique. Paradoxalement, ce côté zen au milieu du délire augmente l'efficacité des situations comiques.

par Derfel publié dans : Films communauté : Adoptez un mot! créer un trackback
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Dimanche 13 juillet 2008

Duel au sommet de super-héros cette semaine. A ma droite, "Hancock", alias Will Smith. A ma gauche, Po, dans "Kung Fu Panda". Qui mettra l'autre KO? Enfin "REC" fera aussi trembler les salles, mais d'effroi cette fois...

Après avoir échappé à d'horribles mutants dans le sombre «Je suis une légende», Will Smith revient dans les salles dans la peau du super héros "Hancock", dans une comédie fantastique signée Peter Berg.

Mais Hancock n'est pas un super héros comme les autres. Car il préfère de très loin se reposer et boire son petit coup plutôt que de sauver la veuve et l'orphelin. A cela s'ajoutent des super pouvoirs utilisés parfois rudement ainsi qu'une attitude blasée et un caractère irascible qui le rendent détestable aux yeux du public.

Alors quand un expert en communication à qui il sauve la vie lui propose de changer son image afin de le faire percevoir comme un vrai super-héros, Hancock réalise qu'il n'est pas aussi insensible à la popularité qu'il voudrait bien le faire croire...

Un rôle en or pour Will Smith

Les déboires du super-héros torturé qu'est Hancock permettent à Will Smith, l'un des acteurs les mieux payés d'Hollywood, de jouer la carte de l'autodérision avec son flegme mythique et de lancer ses fameuses vannes dont raffolent ses fans.

Même si elles sont plutôt mitigées en raison des invraisemblances et des ruptures de ton du film, la plupart des critiques saluent néanmoins l'humour second degré de ce blockbuster, sa casse aussi gratuite que réjouissante et ses scènes d'action spectaculaires.

Et quand on sait que la belle Charlize Theron et Jason Bateman figurent aussi au générique, «Hancock» s'annonce à coup sûr comme l'un des succès de l'été, tout comme aux USA ou en Suisse alémanique où le film cartonne déjà.

 

Un panda qui mettra le box-office KO

Que serait l'été sans ses films d'animation pour petits et grands? Quelques jours avant "Wall-E" du tandem Disney/Pixar, les studios Dreamworks, auteurs déjà de «Shrek», «Madagascar» ou encore «Bee movie», présentent «Kung Fu Panda», de Marc Osborne.

Un film qui cartonne aux USA (230 millions de dollars en 19 jours et déjà une suite de prévue!) et qui connaîtra sans doute comme ses prédécesseurs un gros succès international grâce à des critiques dans l'ensemble plutôt élogieuses.

En effet, si de nombreux observateurs regrettent l'aspect trop formaté "succès familial" du film, tous soulignent l'originalité de l'animation, les clins d'oeil au meilleur du cinéma des arts martiaux et surtout sa bonne humeur contagieuse.

Des castings de voix prestigieux

L'histoire: la jungle chinoise est envahie par une horde de léopards. Seule solution pour les animaux: s'en remettre à un guerrier prophétique pour les défendre. Hic: le sauveur est Po, un panda gras et paresseux qu'il faudra former à l'art du kung fu...

«Kung Fu Panda» réunit un casting de voix exceptionnel dans sa version originale. En effet, c'est l'acteur Jack Black qui prête sa voix à l'ursidé. Mais on y entend aussi Dustin Hofmann, Angelina Jolie, Lucy Liu ou encore Jackie Chan!

Quant à la version française, elle fait appel au jeune comique Manu Payet dans le rôle du panda. Il est entouré de Pierre Arditi, Marie Gillain, Marc Lavoine ou encore Pascal Sellem.

 

Un film d'horreur qui a terrorisé l'Espagne

Vous adorez avoir peur au cinéma? Alors «REC» est pour vous! «Mille fois plus effrayant que le projet Blair witch», «une pure bombe de terreur», « tranchant comme un rasoir», «d'une efficacité bluffante» : c'est ainsi que la presse a qualifié ce film espagnol de Jaume Balaguerro et Paco Plaza.

L'histoire: la journaliste Angela suit pour une TV locale les pompiers qui se rendent chez une vieille dame qui a appelé au secours. Sur place, les voisins affirment avoir entendu d'horribles cris provenant de son appartement. Angela se dit que son reportage va enfin sortir de la routine. Elle n'imagine pas à quel point...

Le film, tourné à la manière d'un documentaire, a attiré 1,4 million de spectateurs en Espagne. Il a reçu de nombreuses récompenses dans plusieurs compétitions, dont le prix du Jury au festival du cinéma fantastique Gérardmer 2008.

Liens :

Visionnez la bande-annonce de "Hancock"

Visionnez la bande-annonce de Kung Fu Panda

Visionnez la bande-annonce de "REC"

Le box-office cinéma en Suisse

Le box-office américain par Media By Numbers

Le site officiel de "Hancock"

Le site officiel du film REC

par Christine Talos publié dans : Films communauté : Adoptez un mot! créer un trackback
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Vendredi 11 juillet 2008

La mode du film de super-héros bat son plein en cet été 2008 : Iron Man a ouvert le bal fin avril, suivi dans l'ordre de la parodie Super-héros movie, de l'outsider Hancock, de l'autre Marvel L'incroyable Hulk, du DC Dark Knight, suite du Batman begins à succès de 2005, et enfin du Dark Horse Hellboy 2. Les projets à venir se comptent par paquets de douze, et la seule question est de savoir quel éditeur, de Marvel ou de DC, va se remplir le plus les fouilles avec ses adaptations. Si le phénomène prend sa source dans les années 40, avec les toutes premières apparitions à l'écran de Superman et Batman sous forme de serials, aucun autre personnage ne fait trembler les salles de cinéma jusqu'à l'avènement des années 2000. Entre-temps, Hulk et Spider-man ont fait des apparitions à la télévision dans les années 70, chacun dans une version clairement ringarde et la plus éloignée possible du matériau d'origine ; quant à Captain America et aux 4 fantastiques, ils rougissent encore aujourd'hui de leurs films respectifs, tous deux commis dans les années 90. C'est précisément l'année 2000 qui donne le départ de cet engouement pour les super-héros, avec la sortie du X-men de Bryan Singer.

Pourtant, le projet ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices : Singer, contacté par les producteurs Richard et Lauren Donner qui voient en lui le génial réalisateur de Usual suspects, admet ne pas connaître la bande dessinée d'origine mais accepte de réaliser le film après avoir bouquiné quelques albums ; de la multiplicité des personnages présentés au cours des 37 ans d'histoire, Singer et son scénariste David Hayter ne gardent que quelques X-men, dont la plupart sont relégués au second plan ; enfin, les costumes des personnages sont jugés inadaptables et remplacés par des uniformes noirs sans personnalité. Cerise sur le gâteau, la campagne de communication du film est conçue en dépit du bon sens, proclamant « Trust a few, fear the rest » (en français : « Faites confiance à certains, craignez les autres »), présentant ainsi les mutants comme une espèce dangereuse dont seuls quelques éléments seraient à sauver. Un peu comme si on disait « les noirs et les arabes, y en a aussi des biens. » Ce qui constitue non seulement une idiotie, mais surtout un contresens complet vis-à-vis du film.

Car le scénario, il faut bien le dire, est axé entièrement sur la question de la tolérance et de l'intégration des minorités. Bryan Singer se désintéresse presque complètement de l'aspect spectaculaire (à tel point que les rares scènes d'action sont pour la plupart assez ratées et parsemées de punchlines aussi navrantes que « Tu sais ce que fait un crapaud frappé par la foudre ? La même chose que n'importe quoi d'autre »), et s'attache uniquement à développer le message sous-jacent de la bande dessinée. A ce titre, il est particulièrement intéressant de se poser la question suivante : qui est le personnage principal du film ?

Est-ce Wolverine (Hugh Jackman dans le rôle qui le révéla), le rude Canadien favori des fans et fan de favoris ? Non, son heure viendra dans le deuxième film ; pour l'heure, il est complètement périphérique à l'intrigue. Est-ce le Professeur Xavier (Patrick Stewart, ancien habitué de l'Enterprise de Star Trek), grand manitou de l'école des surdoués ? Niet, il n'est qu'un catalyseur servant à rassembler les protagonistes. S'agirait-il de Cyclope (le transparent James Marsden) ou de Tornade (la sous-employée Halle Berry), les chefs supposés de l'équipe, voire de Jean Grey (Famke Janssen) la télépathe aux cheveux rouges ? Soyons sérieux, ils n'ont été insérés dans le film que par égard pour leur importance dans la bande dessinée ; il ne s'agirait pas de s'attirer les foudres des fans. Plus audacieux : le personnage principal serait-il Marie (la pouponne Anna Paquin), la jeunette maudite par un pouvoir qui lui interdit de toucher les gens ? On s'approche de la vérité, elle est effectivement l'incarnation de l'intouchable, celle qui se sent exclue de la société par sa nature. Mais le vrai personnage central, celui qui ouvre et qui clôt le film, celui qui traite de front la condition du mutant, c'est Magneto (Ian McKellen) ; traumatisé par son passé de déporté juif au cours de la Seconde Guerre Mondiale, il craint que l'Histoire ne se répète. Prenant alors les armes au nom de tous les mutants, il décide que la guerre est ouverte contre les gens « normaux ». Ce militantisme assumé, Bryan Singer le fait endosser à un acteur qu'il connaît bien pour l'avoir dirigé dans Un élève doué. Homosexuel comme le réalisateur, Ian McKellen est également connu pour son activisme dans la défense de cette sexualité qui peine à se débarrasser des tabous. De là à dire que Singer s'est lui-même projeté dans le personnage de Magneto (et par ricochet, dans tous les mutants du film), il n'y a qu'un pas... qui sera franchi sans problème dans X-men 2, lorsque la mère de Bobby Drake lui demandera « As-tu au moins essayé de ne pas être un mutant ? » !

Si le propos est assumé et universel, ce qui permettra de rassembler un public plus vaste que les seuls amateurs d'action, et si le plaisir de voir une bande dessinée culte portée à l'écran avec respect est indéniable, la forme de ce premier X-men pèche néanmoins par manque d'ambition formelle : péripéties timorées, scènes de combat étriquées, Singer n'est pas à l'aise dans l'univers des super-héros. Il se rattrapera avec X-men 2, avant de verser carrément dans la galerie d'images insipide avec Superman returns. Après une demi-douzaine d'années de ce régime, on attend enfin de sa part un film d'un autre registre : le martial Valkyrie, avec Tom Cruise...

par Derfel publié dans : Films communauté : Adoptez un mot! créer un trackback
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Mercredi 9 juillet 2008

Cette semaine sera verte ou ne sera pas! L'"Incroyable Hulk", épisode deux, débarque en effet sur les écrans, avec l'improbable Edward Norton en géant courroucé. Côté français, deux comédies au menu.

On ne prend pas les mêmes mais on recommence. Telle pourrait être la devise de l'"Incroyable Hulk", deuxième épisode, qui sort sur les écrans cette semaine.

Un Hulk tout nouveau tout beau

Après la déroute d'Ang Lee en 2003, c'est au tour du français Louis Leterrier, un disciple de Besson, de s'attaquer au géant vert très méchant. Habitué des films d'action (Les 2 Transporteurs), le réalisateur aura fort à faire pour redorer le blason du héros.

Autre changement, plus improbable: c'est le talentueux Edward Norton qui fait vivre à l'écran le scientifique Bruce Banner et son alter-ego énervé. Enfin, Liv Tyler devient la belle du film, à la place de Jennifer Connelly.

Pourquoi Hulk est-il vert?

Retour aux sources pour ce Hulk tout nouveau. On retrouve un Bruce Banner seul et torturé, toujours à la recherche de l'antidote aux fameux rayons gamma. Sa tâche sera compliquée par l'arrivée d'un autre "spécimen" nommé L'Abomination. Pour sauver New York, Banner n'aura d'autre choix que de réveiller la bête qui est en lui. Gageons qu'avec un tel scénar' et malgré Norton, Leterrier aura du mal à faire mieux que le piteux premier opus.

Enfin, voici la réponse à une question que tout le monde se pose: pourquoi Hulk est-il vert? Ses créateurs avaient au départ choisi la couleur grise, car aucun autre superhéros ne portait cette teinte. Mais ils se sont rendus compte que le gris ne "ressortait" pas bien dans les BD. D'où le vert!

Liens :

Le site officiel de l'"Incroyable Hulk" (en anglais)

Les bandes annonces de Hulk

par Cécile Rais publié dans : Films communauté : Adoptez un mot! créer un trackback
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