Le futur président du Conseil d'administration de La Poste n'exclut pas la privatisation, un jour, du géant jaune. Pour Claude Béglé, la question n'est «pas d'actualité», dit-t-il dans la presse samedi.
Mais «il ne faut jamais dire jamais», explique-t-il dans les colonnes du "Matin". Privatiser La Poste n'est toutefois pas la seule manière d'améliorer son efficacité, estime le vice-président actuel de la Poste allemande. «L'ouverture du capital n'est pas tout.»
D'abord le long terme
Pour le Vaudois, qui prendra ses nouvelles fonctions en avril 2009, il peut être
dans un premier temps opportun de rester dans le giron public. «Dès que vous transformez un service postal en entreprise commerciale, cette société doit avoir des résultats à plus court terme»,
explique-t-il.
Or, il faut d'abord «prendre des décisions concernant le réseau à long terme», rappelle Claude Béglé. Et les réformes nécessaires pour assurer l'avenir de La Poste seraient, selon lui, plus difficiles à réaliser si l'ex-régie fédérale était contrainte de présenter de bons résultats dans un bref délai.
Option possible
Il n'empêche, de par son parcours professionnel qui l'a amené à conduire des restructurations et privatisations au sein des postes hollandaise, française et allemande, Claude Béglé reconnaît que s'il a été choisi par le Conseil fédéral, c'est que celui-ci «a sa petite idée derrière la tête». Si la privatisation de la Poste suisse est «l'une des options possibles» à long terme, «elle n'est actuellement pas de mise», souligne-t-il. «Je doute également que l'opinion publique soit prête à une entrée en Bourse du géant jaune».
Banque postale
Claude Béglé entend se concentrer prioritairement sur d'autres dossiers, en particulier la création d'une réelle banque postale.
«Les services financiers permettront de maintenir une bonne partie de notre réseau d'offices postaux actuels», affirme-t-il.
Une expansion à l'étranger, par exemple sous forme de consulting international, pourrait également permettre à La Poste de gagner «beaucoup d'argent», note Claude Béglé.
«Des bénéfices que l'on peut ensuite réinjecter au niveau national pour assurer un réseau postal des plus complets».
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