Une équipe américano-suisse est parvenue à générer de manière non invasive la première carte de connexions cérébrales, une découverte majeure. Elle ouvre des champs d'exploration autour des affections cérébrales.
Cette première cartographie non invasive de la connectivité structurelle d'un cerveau humain à l'échelle macroscopique permet de simuler le fonctionnement du cerveau, relève Le Temps de lundi. Elle est le fait d'une équipe notamment composée de chercheurs du CHUV et de l'EPFL.
Une avancée d'importance
Ces travaux, qualifiés d'avancée considérable par les spécialistes, sont publiés aujourd'hui dans la revue PLoS Biology.
Ils ouvrent des champs d'exploration pour mieux comprendre les affections cérébrales, des pathologies comme l'épilepsie ou la schizophrénie. Depuis de nombreuses années, les neuroscientifiques tentent de décrire la façon dont se connectent les cellules nerveuses pour former les «autoroutes de l'information cérébrales».
Les chercheurs ont utilisé l'imagerie par résonance magnétique structurelle (IRM). Depuis les années 1990, cette technique, non invasive et non irradiante, permet de détecter l'activité des zones cérébrales lors de tâches cognitives.
Comprendre l'autisme ou l'épilepsie
L'ambition des scientifiques est d'élargir le cercle des sujets analysés, afin peut-être de trouver, dans les cartes de connexions cérébrales, des singularités qui pourraient être reliées à certaines pathologies, comme l'autisme, l'épilepsie, voire la schizophrénie.
«Nous envisageons aussi d'observer le cerveau d'individus à différents stades de leur développement, pour voir comment la connectivité du cortex évolue au cours du développement, puis du vieillissement», conclut un responsable.
Une tâche vraiment ardue
Chez des animaux (macaque, chat, rat), les chercheurs ont recréé des modèles neuro-informatiques de la connectivité de leur cortex à grande échelle.
Et des expériences datant d'un siècle déjà, utilisant des colorants, ont fourni une image basique de l'organisation du cerveau humain.
Mais décrire l'infime toile d'araignée que forment ses 100 milliards de neurones et leur million de milliards de connexions est une autre affaire, une tâche quasi impossible.
Un tel effort, mené sur un ver de terre au système nerveux comportant seulement 300 cellules, a déjà pris une décennie...
«Par chance, le cerveau humain est organisé de telle manière que nombre de connexions sont redondantes, explique un scientifique. Ce qui fait que l'on peut étudier la connectivité de fibres de neurones, épaisses d'un à deux millimètres, au lieu des cellules séparément.»
Liens :
ajouter un commentaire commentaires (1) recommander
Ce casque baptisé EPOC est doté de seize électrodes ou capteurs qui sont en
contact avec le crâne de l'utilisateur pour mesurer l'activité électrique de son cerveau, selon une technologie d'électro-encéphalographie bien rôdée. Un gyroscope est attaché sur le haut d'EPOC
pour contrôler les mouvements de la tête. Le casque est également équipé d'une batterie située sur le côté.




Commentaires